Où l’on écrit au président de la République

Ça ne vous a pas échappé : l’éducation populaire a fait son apparition dans l’intitulé du nouveau ministère de Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative ! Certains ont trouvé cela exotique ou archaïque, nous on était contents. Comme nous ne sommes pas ingrats (et qu’on veut enfoncer le clou), nous avons décidé d’offrir un badge et un exemplaire du livre « 10 raisons d’aimer [ou pas] l’éducation populaire »  au président de la République et à son Premier ministre afin de les remercier. Ci-dessous, une copie de la lettre envoyée à François Hollande.

Monsieur le président de la République,

Lors de la constitution du gouvernement, vous avez décidé avec Monsieur le Premier ministre de créer un ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative. Pour I ♥ éduc pop et ses membres, l’arrivée de l’« éducation populaire » dans l’intitulé est une très bonne nouvelle ! C’est aussi un signe fort, porteur d’espoir et de reconnaissance. Nous tenons à vous en remercier vivement !

Nous avons aussi remarqué vous avez confié ce ministère à Mme Fourneyron, elle-même formée dans les rangs de l’éducation populaire, preuve supplémentaire s’il en est besoin que l’éduc pop est une vraie école de la vie, extrêmement formatrice !

Vous trouverez avec ce courrier un exemplaire du livre « Dix raisons d’aimer [ou pas] l’éducation populaire », écrit par treize (plus ou moins) jeunes, tous attachés à l’éduc pop. Nous vous offrons également badge « I ♥ éduc pop »,  que vous êtes libre de porter si vous souhaitez souligner votre attachement à l’éducation populaire et à ses valeurs.

Merci encore, monsieur le président de la République, et respectueuses salutations.

Clémentine Autain fait la promo de l’éduc pop

Sur France culture ce matin, Clémentine Autain a parlé d’éducation populaire dans le cadre de sa chronique hebdomadaire. Prenant appui sur la campagne lancée par le Cnajep autour de 100% éduc’ pop’, elle a rappelé en conclusion sa contribution à notre livre collectif « I love éduc pop, dix raisons d’aimer (ou pas) l’éducation populaire ».

Vous pouvez écouter  cette chronique :http://www.iloveeducpop.fr/wp-content/uploads/2011/06/Chronique-de-Clémentine-Autain-30.06.2011.mp3|titles=Chronique

Et si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver sa contribution dans « I love éduc pop, dix raisons d’aimer ou pas l’éducation populaire »

I love educ’ pop’ – Chronique France Culture de Clémentine Autain du 30 juin 2011

Les associations de jeunesse et d’éducation populaire ont décidé de faire parler d’elles. Une campagne de promotion, labellisée « 100% éduc pop’ – fabrique de lien social », a été lancée il y a quelques jours via les réseaux sociaux. Son but : rappeler à chacun que l’éducation populaire nourrit nos vies et nos envies. Un spot vidéo invite à trouver quel est le lien entre un centre de loisir sur la côte vendéenne, un conseil de jeunes à Mulhouse, un cinéclub en milieu rural, une action d’alphabétisation au Havre et un repas de quartier à Fort-de-France. Le lien ? C’est qu’il s’agit d’actions d’éducation populaire.

Alors, c’est vrai, le terme a pris un coup de vieux : dans nos représentations, il sonne un peu d’un autre temps et s’avère souvent mal compris, comme s’il était question de dire au peuple ce qu’il doit faire ou penser. Or, c’est une toute autre démarche : il s’agit de permettre au peuple de s’émanciper, c’est-à-dire de trouver en lui-même les ressources pour apprendre à lire le monde et à agir sur lui. Et en réalité, c’est un concept d’une modernité étonnante. A l’heure où l’on recherche les voix d’une démocratie renouvelée, d’une implication populaire pour mieux vivre ensemble, cette idée d’éducation populaire me paraît particulièrement féconde. « Instruire pour révolter » : c’était la formule de Fernand Pelloutier sous la troisième République faisant écho aux discours de Condorcet un siècle plus tôt. Car voilà, le creuset de l’éducation populaire fut bel et bien le mouvement ouvrier. L’héritage se situe du côté de la contestation radicale.

L’âge d’or de l’éducation populaire a démarré avec Léo Lagrange, ministre du Front populaire, et s’est développé après-guerre, avec l’essor notamment d’activités complémentaires de l’école et de grandes fédérations – c’est par exemple, la Ligue de l’enseignement ou la Confédération des MJC. La professionnalisation des acteurs de l’éducation populaire, qui s’est imposée depuis les années 1980, fut d’abord incontestablement une bonne chose. Mais il y a eu un effet pervers : cela a encouragé des logiques consuméristes… En gros, les grandes fédérations répondent désormais massivement aux appels d’offre des collectivités territoriales. Ce travail est chronophage et a de fait modifier les comportements associatifs, incitant à répondre aux demandes des citoyens plus comme des consommateurs que des acteurs de loisirs. Dans le même temps, comme le climat politique à gauche n’a pas emporté l’enthousiasme pendant un certain nombre d’années, l’émulation intellectuelle collective a fait défaut. Autrement dit, les années 1968 étaient plus propices à l’imagination et à l’expérimentation hors normes. Depuis, l’éducation populaire s’est pour une part dépolitisée. Or nous avons besoin que des lieux en dehors de l’école favorise un travail d’émancipation individuelle et collective.

Par la rencontre, le voyage, la pratique d’un art, l’intervention collective sur un territoire ou un sujet, l’intelligence se forge, se nourrit. L’expérience partagée créée du lien, là où la société capitaliste fragmente et divise. La pratique de l’éducation populaire vise à donner au plus grand nombre, et singulièrement aux vaincus du système, des outils d’intelligibilité du monde et des moyens d’intervenir sur leur environnement. Là peuvent être tentées d’autres formes d’apprentissage, échappant au classique rapport maître/élève et aux normes de l’institution. L’éducation populaire, c’est le lieu de la valorisation des savoirs de chacun et de l’expérimentation subversive. C’est le pari de l’intelligence du peuple. Comme le disait Raoul Vanegheim, « la créativité est par essence révolutionnaire ». Des acteurs de l’éducation populaire tentent au quotidien d’apporter des réponses, de conserver le souffle de cet état d’esprit.

L’année dernière, j’avais participé avec quelques jeunes responsables associatifs à l’écriture d’un livre collectif, un peu de type manifeste, qui s’appelait I love éduc pop. 10 raisons d’aimer (ou pas) l’éducation populaire. J’avais juste envie ce matin de vous dire qu’il existe autour de ce concept et ces pratiques un vivier, un potentiel immense pour changer nos vies.

Retrouvez Clémentine sur son Blog

Photo : Photothèque du Mouvement social

 

 

 

France Inter nous donne la parole

Rendez-vous lundi prochain, le 11 avril, à partir de 10h05 pour l’émission d’Isabelle Giordano « Service public« .

Consacré à « Pourquoi faut-il favoriser l’éducation populaire ? », l’émission donne la parole au téléphone à Mikaël vers 10h15 pour expliquer notre vision de l’éducation populaire, ses défis et toute son actualité. L’occasion de présenter la démarche d’I love éduc pop et notre livre « Dix raisons d’aimer (ou pas) l’éducation populaire » que l’animatrice semble avoir particulièrement apprécié. Le reste de l’émission explore notamment les Universités populaire et les problématiques que peuvent rencontrer les acteurs de l’éducation populaire en particulier la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) à laquelle nous avions consacré deux articles que vous pouvez retrouver ici et .

Juste après l’émission, vous devriez pouvoir la podcaster ou la réécouter en ligne.

Mis à jour le 11 avril : vous pouvez écouter l’émission sur le site de Radio France.

Merci à toute l’équipe d’Isabelle Giordano pour nous donner la parole, espérons que cela donne des idées à d’autres journalistes.

Débat sur léducation populaire pour les 50 ans du CCFD

Le CCFD-Terre solidaire, première ONG française de développement organise plusieurs événements partout en France à l’occasion de son 50e anniversaire.
En région centre, un village de la solidarité verra le jour le 2 avril prochain ! Dans le cadre de ce village, plusieurs débats auront lieu dont un qui aura pour thème : « L’éducation populaire pour renforcer les pratiques d’Education au développement »

À partir d’une relecture des liens entre éducation populaire et éducation au développement et à la solidarité internationale, actualiser ces liens et montrer sa pertinence pour renouveler nos pratiques de sensibilisation.

À travers ce débat, le CCFD-Terre solidaire s’interpelle et interpelle sur ses manières d’agir : à trop utiliser des outils pédagogiques « clé en main », oublions-nous les racines de ce qui nous fait éducateur au développement ? « L’outil ne fait pas le formateur » nous dit l’ONG belge ITECO. Le CCFD pose alors la question : comment l’éducation populaire peut renouveler nos pratiques ?

Les intervenants lors du débat :

  • Gwendal Ropars, co-auteur du livre « 10 raisons d’aimer [ou pas] l’éducation populaire »
  • Philippe Marques , de l’association L’engrenage-Un pavé à Tours qui organise des conférences gesticulées.
  • un bénévoles du CCFD-Terre Solidaire.

+ d’infos sur les 50 ans du CCFD en région centre

Le programme du 2 avril