#2 Emilie : « L’éducation populaire et l’anti Canada Dry »

Emilie Sarrazin

Nous poursuivons notre série sur les acteurs de l’éducation populaire. Si vous souhaitez témoignez ou nous inciter à interviewer quelqu’un, n’hésitez pas à nous contacter. Voici le témoignage d’Emilie Sarrazin (présentation en fin d’article) :

« La première fois que j’ai entendu parler d’éducation populaire, c’est quand j’ai signé un contrat, emploi jeune, dans une association, l’AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville) (lien http://afev.org). J’ai mis du temps à comprendre pourquoi ces deux mots étaient revendiqués haut et fort, quel était vraiment la réalité de cet étrange concept. Et puis j’ai compris.

« L’éduc pop est partout où les femmes et les hommes valorisent le débat, la confrontation, la construction de projet »

L’éducation populaire, c’est l’anti canada Dry. On ne sait pas ce que c’est, ou on croit que cela n’en n’est pas, parfois cela ne lui ressemble pas mais c’est de l’éducation populaire parce que l’éducation populaire est partout où une action est menée en faveur de l’émancipation, du développement de la puissance d’agir, de la transformation sociale. Elle est partout où les femmes et les hommes valorisent le débat, la confrontation, la construction de projet. Elle est dans les interstices de cette société en mutation où les individus apprennent, ensemble, à devenir des citoyens, où ils trouvent leur place, leurs mots, leur chemin.

« L’éducation populaire a fait de moi ce que je suis »

J’ai travaillé, j’ai milité, j’ai rencontré, j’ai débattu et j’ai beaucoup appris, sur moi, sur les autres et sur le monde. L’éducation populaire, de l’AFEV à Autour du monde, de Vélocampus à Unis Cité, de Concordia à l’Atelier des Initiatives a fait de moi ce que je suis. J’ai compris que le temps de l’Autre était précieux, que la rencontre était riche, que les combats ne pouvaient qu’être collectifs. J’ai compris à quel point nous étions forts de nos idées, de nos propositions et que nous pouvions être le changement.

« Nous avons fait des révolutions minuscules qui ont changé des quotidiens »

Je fais partie de ceux qui ne peuvent pas se résigner parce que j’ai eu la chance de constater que nos actions pouvaient avoir une influence directe sur la vie des gens. Nos actions ont permis à des enfants d’être plus surs d’eux, à des jeunes jeune plus fiers de ce qu’ils sont, à des étrangers d’être plus accueillis, à des étudiants d’être plus autonomes dans leur mobilité et je sais que j’ai participé à cela. Nous avons transformé nos utopies en réalité, nous avons fait des révolutions minuscules qui ont changé des quotidiens. Je me suis sentie utile et à ma place, je suis devenue moi.

Emilie Sarrazin, 40 ans, nantaise, engagée, curieuse, a participé à monter des associations sur le territoire nantais (AFEV, Unis Cité), à en créer quelques autres avec d’autres (Autour du monde, Vélocampus, Atelier des initiatives…) avec comme seul moteur le pouvoir d’agir. Elle est aujourd’hui chargée de mission à, ResoVilles, une association qui accompagne et fait émerger les conseils citoyens de la métropole nantaise.

#1 Jean : « Parfois je me dis que si je n’avais jamais croisé la route de l’éducation populaire ma vie serait bien plus simple! »

Jean Massiet, fondateur d’Accropolis

Jean Massiet, fondateur d’Accropolis (présentation à la fin de l’entretien)

Avec ce premier témoignage, nous débutons notre série annoncée il y a quelques semaines. Si vous souhaitez témoignez ou nous inciter à interviewer quelqu’un d’intéressant pour raconter son parcours et revenir dessus, n’hésitez pas à nous contacter.

Jean, tu t’es engagé assez jeunes. A l’époque tu sais pourquoi ?

Non pas du tout. Je débarquais dans un nouveau lycée, je n’y connaissais personne et ma grande soeur m’a conseillé d’aller à la réunion de rentrée du journal du lycée pour y rencontrer « les gens cools ». Tout a commencé comme ça. Ce n’est que bien plus tard que j’ai mis le mot « engagement » sur cette activité qui est devenue centrale dans ma vie. Rapidement, je me définissais comme un bénévole associatif qui faisait des études à côté, et non l’inverse.

Et maintenant, tu portes quel regard sur cet engagement ?

Cet engagement a été – et reste – central dans ma vie. Ça ne m’a plus jamais quitté. Tout mon parcours de vie a pris du sens : si j’allais au lycée le matin c’était pour y mener des projets que j’aimais. Les cours, les diplômes et les examens ne servaient qu’à me donner encore plus de moyens de m’engager.

Plus généralement, ce parcours d’engagement m’a ouvert à d’autres personnes, d’autres cultures que celle de mon environnement familial. Enfant de bourgeois ayant reçu une éducation traditionnelle catholique, j’ai commencé grâce à mon engagement à fréquenter quotidiennement des homosexuels, des « pauvres », des arabes, des juifs, des personnes que rien ne m’avait préparé à connaitre.

Enfin, au delà du sens de l’action et de l’émancipation sociale, j’ai acquis énormément de compétences. Un véritable « savoir vivre » qui a beaucoup plus de valeur que mes diplômes : prendre la parole en public, mener un projet, travailler en équipe, monter un budget, un événement, s’adapter à ses interlocuteurs, comprendre le fonctionnement des dispositifs publics, etc.

Enfin, cet engament a été précoce. Très précoce. Trop précoce. A 16 ans je rencontrais le Maire de ma ville pour négocier une subvention, à 18 ans je devenais Président d’une association employeuse et j’échangeais avec des cabinets ministériels, à 20 ans je passais mes week-ends en réunions avec des gens bien plus vieux que moi. Paradoxalement, ce pour quoi j’ai toujours milité (la place des jeunes dans la démocratie) a été un poids pour moi avec des responsabilités démesurées et du coup un grand stress. Tout cela m’est arrivé entre 20 et 25 ans. J’ai sans doute grandit trop vite.

Effectivement, vu de l’extérieur, ça peut être lourd. Comment as-tu fait ?

C’est indissociable de mon engagement : être engagé c’est vouloir parvenir à changer les choses, moi je transforme cette volonté en pression, c’est comme ça. Parfois je me dis que si je n’avais jamais croisé la route de l’éducation populaire ma vie serait bien plus simple ! J’aurais suivi le parcours et le cursus qui étaient tracés pour moi et je serais aujourd’hui contrôleur de gestion à la société générale, marié avec 2 enfants, un labrador et un pavillon des les Yvelines. Tu comprends à cette caricature que je suis bien content d’être là où je suis, avec son lot d’inconvénients, certes, mais je vis avec. Continuer la lecture

Participez à notre opération « 100 témoins/acteurs/militants de l’éducation populaire » !

Racontez-nous l’éduc pop que vous vivez ! I love éduc pop se lance dans une grande collecte de témoignages sur l’éducation populaire.

Pourquoi ? Parce que le témoignage d’expérience est au cœur de l’éducation populaire. Il permet à la fois la prise de recul, l’inspiration, la transmission… Et bien plus encore. Toutes les expériences sont intéressantes, elles témoignent de la richesse et de la diversité de l’éduc pop. Elles font la démonstration de son rôle essentiel dans la société et dans la vie de millions de personnes.

Comment avez-vous découvert l’éducation populaire. Qu’est-ce qu’elle a changé pour vous ? Qu’est-ce qu’elle vous apporte ? Qu’avez-vous vécu grâce à l’éducation populaire… Tout cela nous intéresse. Nous vous invitions à participer, individuellement ou en groupe, quel que soit votre âge, ou votre experience :

  • En témoignant de votre parcours,
  • En recueillant le témoignage d’une autre personne,
  • En nous conseillant quelqu’un à interroger.

Ces témoignages seront publiés sur www.iloveeducpop.fr et relayés sur Facebook et Twitter.

Comment participer ? Rien de plus simple : envoyez-nous un mail sur Iloveeducpop@gmail.com. Ou bien un message privé via notre page Facebook ou notre compte Twitter ou encore avec le hashtag #100témoins

Sous quelle forme envoyer les témoignages ? C’est vous qui voyez ! Par écrit, en vidéo, en bande dessinée ou en son. Faites- comme bon vous semble. Et pour la longueur, c’est pareil : peu importe d’envoyer une phrase ou 100 phrases, dites-nous ce que vous avez envie de dire, c’est ça qui compte.

Tous les parcours nous intéressent, alors participez sans hésiter !

Educ pop : ce que ma mère, mon ex et mes potes pensent que je fais

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Dans l’éduc pop, il y a ce que les autres pensent qu’on fait et ce qu’on fait vraiment. La preuve en images ! Vous remarquez que la dernière vignette est vide. Postez une image ou photo en commentaire sur notre … Continuer la lecture